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Suite à un article de Libération sur les fameux bonus dans la finance (et en particulier ceux mirobolants des traders et autres gérants de fonds), le quotidien lance un forum Peut-on réguler les salaires mirobolants dans la finance ?. On note que l'intitulé ne pose même pas la question de savoir si c'est nécessaire ou pas, et présente comme une évidence qu'il faudrait les réguler. Hors cela va t'il réellement de soit ?
A qui cela profite t'il ? Pas qu'aux bénéficiaires direct, mais aussi à l'état. En effet ces bonus sont imposables (rappelons que la tranche marginale de l'impôt sur le revenu est à 40%), dès lors sur de gros bonus l'état récupère directement plus du tiers de la somme en question. C'est donc aussi une bonne affaire pour la collectivité.
A qui est pris cet argent ? Pas aux autres salariés, dont les revenus ne seraient vraissemblablement pas augmentés si ces bonus disparaissaient. Ce sont in-fine les actionnaires qui doivent renoncer à cet argent, puisque ces charges viennent directement amputer le bénéfice de la société.
Enfin, pourquoi ces bonus ? Parce que pour ces salariés, le rapport de force employeur-employé tourne à leur avantage, et que pour retenir ce personnel qualifié et rentable, les entreprises sont contraintes d'accorder ces avantages sous peine de les voir filer à la concurrence.
Dès lors on peu s'étonner que certains, et en particulier à gauche, soient tant outragés par ces bonus, se tournant au final contre les salariés qui ont réussi à obtenir ces augmentation de salaires (certes spectaculaires) pour se porter au secours des actionnaires. Le monde à l'envers ! C'est peut être plutôt du côté de la bonne vieille morale chrétienne (et de sa perception de l'argent) qu'il faut chercher les causes de cet outrage. On se demande bien pourquoi le législateur iraient mettre son nez la dedans.